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Lettre d'information Agricole du 17 juin 2019

Publié le 17 juin 2019

La Safer a permis à 95 agriculteurs de s'installer en 2018 en Bretagne 

Selon les chiffres de la Safer, 50.000 hectares de terres agricoles ont changé de mains en 2018 en Bretagne, contre 44.000 en 2017. Réalisées en majorité sous forme de parts sociales, beaucoup de ventes échappent aujourd'hui à la préemption que pourrait faire jouer la Safer. L'activité de la Safer a été particulièrement forte en 2018. Elle a en effet acquis 5.333 ha de terres agricoles pour 45 millions d'euros et elle a vendu 5.541 hectares, pour 49 millions. Près de la moitié des surfaces acquises a été consacrée à l'agrandissement de 215 exploitations, tandis que l'autre moitié a permis l'installation de 95 nouveaux agriculteurs, dont 48 hors cadre familial et 33 en bio. 750 hectares ont en outre été voués à l'amélioration parcellaire de 222 exploitations. Concernant les prix du foncier agricoles, ceux-ci se maintiennent en Bretagne, avec une moyenne de 5.010 euros/ha. De fortes disparités sont toutefois constatées en fonction des territoires : le littoral s'affiche ainsi deux fois plus cher que le Centre Bretagne. 

Abattoirs mobiles : l'arrêté précisant l'expérimentation publié 

Est paru au JORF du 8 juin un arrêté précisant les informations que les exploitants d'abattoir mobile, souhaitant participer à l'expérimentation prévue par l'article 73 de la loi Egalim, doivent transmettre aux services auprès desquels a été obtenu l'agrément de l'abattoir. Ce texte était nécessaire pour la mise en oeuvre de l'expérimentation. 

France : l'industrie laitière française se redresse à l'exportation

En 2018, l'industrie laitière française a réalisé 29 milliards d'euros de chiffre d'affaires, dont 7 milliards à l'exportation. La situation mondiale actuelle est « très incertaine, et ce, à cause des disparités de négociations dans les accords de libre-échange, du Brexit et de la guerre commerciale des États-Unis. Nous voulons être forts à l'international, et ne pas nous replier sur nous-mêmes », a commenté Robert Brzusczak, président de la Fnil. L'Afrique et l'Asie du Sud-Est représentent des marchés d'avenir pour le secteur des produits laitiers français, en plus de l'ouverture des marchés canadien, mexicain et japonais. La France est souvent perçue à l'étranger comme le pays du haut de gamme difficilement accessible. « Nous devons travailler sur notre image de terre de lait, que trop peu perçoivent, ainsi qu'infléchir notre position par rapport à l'Italie, pays avec lequel nous opérons sur les mêmes créneaux de produits laitiers », a souligné Laurent Damiens, directeur adjoint du Centre de national interprofessionnel de l'économie laitière. 

Europe : 10% de lait bio en Europe d'ici 2030 

Dans ses perspectives sur la filière laitière à l'horizon 2030, la Commission européenne a estimé que la part du lait bio dans la collecte totale passerait de 4% en 2018 à 10% dans 11 ans. « Ce n'est qu'une hypothèse de travail » a nuancé Sophie Helaine, de la DG Agri, lors de la journée consacrée au Marché Mondial du Lait organisée par l'Idele. C'est d'ailleurs cette augmentation de la part de la production bio qui est responsable du ralentissement de croissance de la collecte laitière dans les prévisions de la Commission. 

Accord UE-Etats-Unis sur l'import de boeuf sans hormone 

Le 14 juin, l'Union européenne et les Etats-Unis sont parvenus à un accord sur les importations de viande de boeuf sans hormones. Un quota de 35.000 tonnes de viande de boeuf sans hormone a ainsi été alloué aux Etats-Unis, échelonné sur sept ans. La Commission va désormais soumettre au Conseil des propositions législatives autorisant la signature de cet accord avec les Etats-Unis dans les mois à venir. 

Peste porcine : une crise aux conséquences économiques planétaires 

L'épidémie de peste porcine africaine est dévastatrice pour la Chine, un pays abritant près de la moitié des cochons vivant sur la planète. Avec plus de 30 kg de porc consommés par personne et par an, la Chine concentre près de la moitié de la demande mondiale. Conséquence des abattages menés depuis l'été dernier, la production de viande porcine chute et les prix s'envolent. Le prix d'achat d'un cochon vivant a bondi de 40% sur un an, selon certaines estimations. Et Pékin a indiqué en avril s'attendre à une hausse de 70% du prix du porc au deuxième semestre. Si l'épidémie a des conséquences majeures sur le marché intérieur, elle bouleverse aussi l'équilibre du marché international, compte tenu du poids de la production chinoise. Pour la première fois depuis vingt ans, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) prévoit une baisse de la production mondiale de viande en 2019 (-0,2%). Pour compenser sa chute de production, Pékin achète désormais de la viande porcine à l'étranger : les importations en provenance de l'Union européenne ont augmenté de 20 à 30%. La crise en Chine se traduit par une flambée du cours du porc sur le marché au cadran du Plérin en Bretagne. Les prix du porc français ont augmenté de 24% depuis mars et menacent les producteurs tricolores de charcuterie. La situation peut d'autant plus déraper que la demande chinoise est telle que les importations ne suffiront pas à combler les besoins. Autre conséquence, la hausse de la demande mondiale en graines de soja serait affectée, selon la FAO. « Avec la forte baisse des stocks de porcs, la croissance exponentielle des importations, en particulier de soja, au cours des deux dernières décennies, pourrait s'arrêter brusquement ». 

Volailles de chair : le poulet et la dinde plombent les abattages 

Au 1er trimestre 2019, la production de volailles recule de 3,7% sur un an, en lien avec le repli des poulets et poules (-4,6%), des dindes (-5,7%) et des pintades (-9,2%), selon la note d'Infos rapides du ministère de l'Agriculture. Seule la production de canards progresse (+6,7%), tirée par des abattages dynamiques des canards à rôtir (+10%). En avril, les abattages de volailles continuent de se replier, de 5,7% en téc sur un an (-7,2% en têtes). Le recul est moins marqué par rapport à la moyenne 2014-2018 : -1%. En avril toujours, moins de dindes et de poules sont également arrivées à l'abattoir par rapport à la moyenne quinquennale : -6,6% en cumul annuel pour les dindes, et -10,4% pour les poules de réforme. 

Accord UE - Mercosur : Anvol en appelle à Emmanuel Macron 

S'alarmant d'un accord imminent entre l'Union européenne et le Mercosur, la toute nouvelle interprofession française des volailles de chair Anvol en a appelé « solennellement au Président de la République pour qu'il respecte ses engagements du 11 octobre 2017 à Rungis ». Les Présidents argentin et brésilien ont en effet estimé le 6 juin que la signature d'un accord était « imminente ». Même si la Commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström a affirmé dans la foulée qu'il « restait encore du travail à faire », la conclusion d'un accord avant la fin de cette commission le 31 octobre reste possible selon elle. Actuellement, 900.000 tonnes de viande de volaille sont importées dans l'Union européenne en provenance des pays tiers, selon Anvol. « Si les chiffres qui ont circulé il y a quelques mois se confirment, l'Union européenne pourrait importer alors près d'un million de tonnes de poulet après la signature de l'accord, soit presque le niveau de production annuelle de poulet en France », s'inquiète l'interprofession. Elle rappelle que « près d'un poulet sur deux consommé en France est déjà importé ».