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Lettre d'information Agricole du 18 mars 2019

Publié le 18 mars 2019

Baisse des défaillances de 8,2% dans le secteur de l'agriculture en 2018 

Selon des chiffres publiés par la Banque de France, l'agriculture est le secteur qui a enregistré le plus fort recul du nombre de défaillances d'entreprise en 2018 : -8,2% en cumul sur douze mois entre décembre 2017 et décembre 2018 (contre -1% tous secteurs confondus). Fin décembre 2017, la Banque de France recensait en effet 1.532 défaillances d'entreprise dans le secteur de l'agriculture et de la sylviculture en cumul annuel et ce chiffre est tombé à 1.406 fin décembre 2018. Les premières estimations pour janvier font état d'une baisse moins importante : -6,5%. 

La durée des aides à la conversion bio restera à cinq ans 

Après l'évocation d'une probable réduction de la durée de l'aide à la conversion pour l'agriculture biologique, le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation a tenu à préciser que ces aides resteraient versées sur une durée de cinq ans. Le ministère a par ailleurs ajouté que « plus de 1,1 milliard d'euros [allaient] être mobilisés pour ces conversions et pour la structuration territoriale des filières afin de faire de la France le premier pays bio d'Europe ». 

Face aux dérives, des éleveurs réhabilitent l'abattoir à la ferme

La loi Alimentation ouvre la voie à une expérimentation de quatre ans sur des « dispositifs d'abattoirs mobiles en France ». Des structures mobiles permettant d'accueillir le personnel et les outils d'un véritable abattoir à la ferme s'apprêtent à sillonner les routes et des projets de caissons d'abattage respectueux des animaux émergent. Émilie Jeannin, à la tête d'un cheptel de Charolais en Côte-d'Or, en passe de lancer le premier abattoir mobile en France. Cette structure pourra accueillir le personnel et les outils d'un véritable abattoir. Le camion se rendra sur les élevages pour les mises à mort, en présence d'un vétérinaire, afin de réduire le stress des animaux pendant les transports et offrir une meilleure traçabilité. Jocelyne Porcher, directeur de recherches à l'INRA et Stéphane Dinard, éleveur en Dordogne partagent ce point de vue et se mobilisent également pour faire évoluer le système. Ensemble, ils ont créé l'association : « Quand l'abattoir vient à la ferme ». 

Projet de création d'une AOP Grand Ouest pour le porc 

D'après un communiqué, l'Union Normande des groupements de porcs, et les Comité Régionaux Porcins Bretagne et Pays de la Loire ont annoncé qu'ils appuyaient le projet de création d'une AOP dans le plan stratégique pour les éleveurs de porcs. Cette AOP a pour objectifs de redonner du pouvoir de marché aux éleveurs, d'assurer la valorisation d'une démarche qualité collective pour répondre aux attentes sociétales, ainsi que de faciliter la transmission des élevages. Les trois organisations ont plus globalement pris la décision de définir et porter conjointement un plan stratégique pour les éleveurs de porcs du Grand Ouest. 

Les abattages porcins retrouvent des niveaux saisonniers 

En janvier 2019, les abattages de porcins sont stables sur un an en têtes (+0,1%) et en hausse en poids (+0,9%). Après un repli saisonnier marqué en décembre 2018 et plus globalement au second semestre, l'activité de janvier 2019 a gagné en dynamisme mais restent toutefois inférieure à la moyenne 2014-2018 (-0,7% en téc et -2,2% en têtes). En décembre 2018, la production porcine a reculé de 4,3% en téc sur un an. Sur l'ensemble de l'année 2018, elle est en légère hausse par rapport à 2017 (+0,6%). 

Porc : des négociations commerciales « catastrophiques » 

Dans un communiqué du 13 mars, le FNP pointe du doigt que les États-généraux de l'alimentation n'aient rien changé. En effet, malgré la récente publication d'indicateurs de filière par l'interprofession porcine (Inaporc), le syndicat constate qu'il n'a « aucun retour de valeur ajoutée pour le maillon de la production », fustigeant une grande distribution « inflexible ». Pour le syndicat, « le rapport de force doit s'inverser très rapidement compte tenu de l'évolution favorable du prix de la viande sur les marchés, et notamment en Chine. […] Nous ne pouvons plus accepter de rester à la traîne des marchés européens et mondiaux. » 

Deux appels à projets pour la filière volailles 

Afin d'accompagner la filière des producteurs de volailles, la Région Bretagne publie deux appels à projets. Le premier appel à projets est doté de 5 millions d'euros pour inciter les producteurs de volailles à investir dans des poulaillers spécialisés en volailles de chair. Chaque projet sera soutenu à hauteur de 25% par la Région, pour un montant de subventions de 50.000 à 200.000 euros. Le deuxième appel à projets concerne le développement du photovoltaïque dans les élevages de volailles. Les études de faisabilité seront accompagnées par la Région à hauteur de 1.000 euros par dossier, les investissements à hauteur de 20% avec une enveloppe de subventions de 15.000 euros par projet. 

Le poulet français creuse son déficit commercial 

D'après les informations du Ministère de l'Agriculture, le déficit du commerce extérieur des viandes de volailles s'est creusé en 2018, en volume et en valeur. Il atteint -134,4 milliers de tec (tonnes-équivalent carcasse) et -300,9 millions d'euros contre -89,6 milliers de tec et -223,2 millions d'euros en 2017. Le ministère rappelle que la balance commerciale du poulet recule depuis 2014, pour atteindre - 195,2 milliers de tec et -476,7 millions d'euros en 2018. « La perte de débouchés vers le Moyen-Orient (-41.000 tec) n'est que partiellement compensée par l'essor des ventes sur le marché européen (+31.600 tec), en particulier la Belgique, l'Allemagne et le Royaume-Uni. » Les importations françaises de viande de poulet depuis l'Union européenne ont également progressé en 2018. Ces achats ont bondi de 18.300 tec, en particulier depuis la Pologne, la Belgique et l'Espagne. Les importations depuis les pays tiers sont également dynamiques. Elles ont augmenté de 3 800 tec, en particuliers depuis la Thaïlande. À noter que L'excédent commercial de la viande de dinde recule également en 2018 : 35,7 milliers de tec et 21,4 millions d'euros, contre 46 milliers de tec et 31 millions d'euros en 2017.