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Lettre d'information Agricole du 1er juillet 2019

Publié le 01 juillet 2019

Poutine prolonge l'embargo alimentaire contre l'UE jusqu'à fin 2020 

Le 24 juin, le président russe Vladimir Poutine a signé un décret prolongeant l'embargo sur les produits alimentaires occidentaux jusqu'au 31 décembre 2020. Introduit en 2014 en représailles aux sanctions décrétées par les Américains et les Européens contre Moscou pour son rôle dans la crise ukrainienne, l'embargo interdit d'importer en Russie des produits alimentaires provenant principalement de l'Union européenne. Cet embargo a déjà été prorogé à quatre reprises, répondant à la prolongation des sanctions économiques européennes.

France : conjoncture du lait bio au premier semestre 2019 

En avril 2019, la collecte de lait bio a atteint 89,6 millions de litres, soit une augmentation de 16,8 % par rapport au mois d'avril 2018. Ce volume est produit par 3 478 producteurs bio. Leur nombre était de 3 025 en avril 2018, ce qui représente une augmentation de 15 % des effectifs en un an. Le cumul annuel sur 12 mois de la collecte de lait bio s'élève à 888 millions de litres en avril 2019, soit 24 % de plus que celui d'avril 2018. L'année dernière à partir du mois d'avril, ce cumul augmentait de plus de 30 % chaque mois… Le prix réel moyen du lait payé aux producteurs en avril 2019 était de 426 euros/1000 litres, ce qui correspond à une hausse de 2,9 % par rapport à avril 2018 (où il était de 413,5 euros /1000 litres en moyenne). Ce même prix ramené à un lait standard 38/32 était de 408 euros /1000 litres en avril 2019. A l'inverse, les trois premiers mois de l'année, le prix réel mensuel du lait bio subissait une baisse de l'ordre de 1,5 % en moyenne… 

Vache : recul des abattages, les importations grimpent

Selon un rapport de l'Idele, les abattages français de vaches allaitantes ont reculé de -3% en mai 2019 par rapport à mai 2018 et de -1% pour les laitières. Si cette baisse est principalement liée aux abattages anticipés du second semestre 2018 à la suite de la sécheresse, elle s'explique également par la contraction globale du cheptel allaitant. Sur les quatre premiers mois de l'année, les abattages de vaches allaitantes ont reculé de 4,2 % à 103?900 tonnes équivalent carcasse (téc) et ceux de laitières de 3,7 % à 98.100 téc, d'après Agreste. Pour répondre à une consommation stable, les importations ont par ailleurs progressé. La France a ainsi importé 88.000 téc de viande bovine au premier trimestre, d'après les données des Douanes publiées par FranceAgriMer, soit 4,5 % de plus que l'an dernier. Si les envois irlandais ont bondi de près de 20%, à 12.900 téc, les envois allemands et polonais ont chuté de respectivement -9% et -10,3%. 

Des mesures de biosécurité renforcées pour le transport des porcs 

Dans la continuité des exigences de biosécurité définies au niveau des élevages, l'arrêté du 29 avril 2019 fixe des mesures pour lutter contre la propagation des maladies, dont la fièvre porcine africaine, lors du transport des porcs. Les principales concernent le nettoyage et la désinfection des camions. Désormais, le lieu doit être programmé en même temps que le transport, et le protocole à appliquer est renforcé. Un autocontrôle de la propreté visuelle est également demandé avant la désinfection. Ces mesures seront rendues obligatoires en 2021. À partir de 2022, les camions de porcelets ne pourront plus utiliser les aires de lavage des abattoirs. L'arrêté interdit également de transporter simultanément des sangliers et des porcs. Par ailleurs, les chauffeurs doivent respecter les mesures de biosécurité en élevage, et avoir dans leur camion des gants, cottes et surbottes jetables ainsi que du désinfectant. Chaque entreprise de transport devra désigner un référent biosécurité. Il suivra, d'ici un an au plus, une formation à la biosécurité et formera l'ensemble des chauffeurs de son entreprise. L'Ifip, comme pour la biosécurité en élevage, va préparer un module de formation pour le déployer auprès des transporteurs dès le deuxième semestre 2019. 

Les éleveurs de porcs de nouveau prêts à investir 

Au Marché du porc breton, le cours du porc s'élevait vendredi 21 juin à 1,52 euro le kilo contre une moyenne de 1,19 euro en 2018. Une hausse essentiellement liée à l'envolée des importations chinoises. Marquée par la crise de la peste porcine africaine, la Chine a importé 180.685 tonnes de viande porcine d'Europe en avril dernier d'après Eurostat, soit une progression de 73,4% par rapport au même mois de l'an passé. Si les producteurs de porcs respirent, ils doivent se remettre de cinq années particulièrement difficiles et commencent tout juste à réinvestir. Beaucoup d'élevages sont vieillissants et réclament des mises aux normes. Selon le groupe bancaire Arkéa, les investissements à réaliser à court terme s'élèveraient à au moins 50 millions d'euros, uniquement dans l'entretien des différents bâtiments d'élevage. 

Volailles : le label Rouge vise l'export 

Selon le Synalaf, les exportations de volailles label Rouge ont augmenté de 9% en 2018 par rapport à 2017. Les poulets label Rouge représentent 87% des exportations totales. La Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne sont en tête de liste des pays importateurs, avec 3.562 tonnes, soit 60% des envois. Toutes espèces confondues, les exportations se font toujours majoritairement sous forme entière (82%), mais les découpes connaissent également une bonne progression depuis 2015 (+ 8% entre 2017 et 2018). Depuis 2018 et pour une durée de trois ans, une campagne de communication, cofinancée par l'UE, a été lancée par le Synalaf, Fil Rouge et Sylaporc. L'objectif est de promouvoir le label Rouge et les volailles fermières françaises. Des actions de communication, spécifiques sur les volailles, sont prévues. 

Poulet : dégradation du solde du commerce extérieur 

Avec 45 millions d'euros de déficit pour le solde du commerce extérieur des viandes de poulet en mars, la France affiche une mauvaise performance, bien en dessous de sa moyenne 2014-2018, selon Agreste. L'Hexagone n'a exporté que 31.300 tonnes équivalent carcasse (téc) de viande de poulet, soit 17,7% de moins qu'en 2018, tandis que dans le même temps ses achats ont bondi de 3,2% à 51.800 téc. Les exportations françaises ont notamment reculé vers le Moyen-Orient (-20%) et l'Afrique subsaharienne (-45%) mais aussi vers les pays de l'Union européenne (-4,5%). La mauvaise santé du marché export a joué un rôle dans la baisse des mises en place, qui reculaient de 19,7% en mars et de 9,7% au premier trimestre. Au niveau européen, les exportations se montrent en revanche toniques. L'Union européenne a exporté 470.508 téc de volailles vers les pays tiers, au premier trimestre, selon Bruxelles, c'est 12,3% de plus que l'an dernier. Le Ghana a développé ses achats de 17,1% (46.349 téc), et les Philippines de 23,2% (45.422 téc). Les envois vers l'Afrique du Sud ont plus que doublé pour atteindre 35.679 téc. Les achats retrouvent leur niveau d'avant la fermeture du marché pour raisons sanitaires (grippe aviaire en 2017), et l'Europe regagne dorénavant des parts de marché sur ses concurrents brésiliens et américains. Ce sont surtout l'Espagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni qui exportent du poulet vers cette destination. 

Une aide compensatoire pour les éleveurs de volailles contaminées au Fipronil 

Sur proposition des autorités françaises, la Commission européenne a approuvé une aide compensatoire pour les éleveurs français de poules pondeuses contaminées au Fipronil à l'été 2017. Cette aide, qui se monte à 350.000 euros, vise à compenser les dommages subis par les éleveurs touchés par ce scandale sanitaire, qui avaient été contraints de détruire les oeufs contaminés et/ou d'abattre l'ensemble de leurs poules dans l'attente d'une décontamination garantissant la disparition de toute trace du Fipronil.