actualités

Lettre d'information Agricole du 2 septembre 2019

Publié le 02 septembre 2019

Forte baisse du solde agroalimentaire en juin 

Avec 454 millions d'euros enregistrés en juin dernier, l'excédent commercial agroalimentaire français a accusé une baisse de 27% par rapport à juin 2018, selon les dernières statistiques du ministère de l'Agriculture publiées mercredi dans une note Agreste. Une chute résultant d'un recul des exportations de 8% que la baisse des importations de 5,4% n'a pas compensé. En juin, le solde des produits agricoles bruts affiche un déficit de 42 millions d'euros, en baisse de 55 millions d'euros sur un an sous l'effet de la baisse des exportations de céréales (-10%). « La valeur des expéditions de céréales, principalement de blé tendre et dans une moindre mesure de maïs, diminue sur un an de 94 millions d'euros (-19%) parallèlement à des quantités exportées en recul d'une année sur l'autre (-0,7 Mt de blé tendre et -0,1 Mt de maïs) », souligne la note Agreste. 

Accord Mercosur : la FNSEA salue les menaces d'E. Macron 

« Compte tenu de l'attitude du Brésil ces dernières semaines, le président de la République ne peut que constater que le président Bolsonaro lui a menti lors du sommet d'Osaka » fin juin, aurait déclaré l'Elysée à l'AFP, ajoutant que dans ces conditions, la France s'opposait au traité de libre-échange UE-Mercosur. Cette prise de position a été saluée par la FNSEA. Dans un communiqué commun avec les Jeunes agriculteurs (JA), le syndicat majoritaire agricole estime que le « non » de la France au Mercosur est une « décision de sagesse » pour « tous les agriculteurs français et européens », car le traité « allait offrir en pâture l'agriculture française, en ouvrant les portes du marché européen à des produits ne respectant pas les normes de production françaises et européennes ». 

Lait : moins de lait que prévu dans le monde

Alors que l'USDA tablait sur une production mondiale de lait de 299,2 millions de tonnes cette année, elle a finalement révisé ses prévisions à la baisse de 1 %, à 296,7 millions de tonnes. Ce chiffre reste malgré tout 0,44% au-dessus de la production de 2018. La sécheresse a particulièrement joué sur la production en Argentine (-5% à 410,8 millions de tonnes, soit autant qu'en 2018) et en Australie (volumes en baisse de 8% sous leur niveau prévu, à 8,6 millions de tonnes contre 9,3 l'an dernier). La production mondiale de lait devrait atteindre 512,9 millions de tonnes, soit 1,4 % de plus qu'en 2018, tirée par les hausses indiennes, européennes et chinoises. 

Prix du lait en juin 2019 : une très légère hausse 

Le réseau LTO Nederland et European dairy farmers montrent un prix du lait payé (1) en juin 2019 à 332 euros/t en moyenne sur 16 transformateurs laitiers européens enquêtés, en très légère hausse (+0,8 euro) par rapport à la moyenne du mois précédent. Comparé à juin 2018, le prix moyen est supérieur de 6,6 euros /t. La moyenne sur les douze derniers mois poursuit sa très légère progression depuis mars dernier, et atteint 338,4 euros /t. Pour juillet, Arla foods annonce une baisse de 1 euro/t et un prix stable pour août. FrieslandCampina annonce une baisse de 7 euros en juillet et un prix stable en août. (1) HTVA ramené à 4,2 % de MG et 3,4 % de MAT, moins de 25 000 germes et 250 000 cellules pour 500 000 kg de lait livrés par an. 

Viande bovine : l'UE en déficit en 2020 

Selon les estimations de Bruxelles, l'Union européenne à 28 devrait produire 7,727 millions de tonnes de viande bovine en 2020, soit 0,87 % de moins que l'an dernier. Or la consommation devrait décliner moins nettement (-0,15 %), à 7,773 millions de tonnes. De quoi voir le bilan de l'Europe négatif pour la première fois ces dernières années. Lorsque l'on considère seulement l'Union à 15, le bilan (production-consommation) sera négatif (-506.000 t) pour la troisième année consécutive. 

Porc : les achats des ménages en berne 

En cumul de janvier à juin 2019, les achats de viande de porc frais par les ménages pour une consommation à domicile ont reculé de 4,2% par rapport à la même période en 2018, selon le Kantar Worldpanel. Le prix moyen était en hausse de 1,4% sur la même période. Sur cette même période, les volumes achetés ont diminué de 5,4% alors que le prix moyen enregistrait une hausse de 1,8%. Les autres morceaux ont tiré leur épingle du jeu avec des volumes en hausse de 2,4% pour un prix moyen plutôt stable (-0,3%). 

Porc : l'offre contractée fait grimper les cours en Europe 

La demande des abattoirs de porcs européens n'est actuellement pas satisfaite en raison de l'offre contractée. Les disponibilités limitées de porcelets au printemps et la canicule qui a contribué à faire baisser les poids moyens sont en cause. En France, selon le MPB, le poids moyen a atteint son plus bas niveau en juillet à 93,37 kg restant tout de même supérieur à la référence de 2018. La reprise de la demande se confirme encore plus, avec le retour des vacanciers en Europe du Nord. La demande chinoise s'accroît également et s'accompagne de tarifs plus élevés. La rareté de l'offre face à une demande qui continue de croître fait grimper les cours européens. De janvier à la mi-juillet 2019, la Commission européenne estimait le prix moyen des carcasses en Europe à une hausse de 20,9% par rapport à la même période en 2018. Au même temps, les cours des porcelets ont connu une hausse de 39,5%. 

La volaille bio en pleine transition 

Selon l'Agence Bio, en 2018, les mises en place de volailles bios, représentées à 96% par les poulets, ont progressé de 20% par rapport à 2017 pour s'établir à 12,6 millions de têtes. Un chiffre à prendre avec précaution, car les circuits courts pourraient être sous-évalués, selon Réussir Aviculture. Près d'un poulet sur quatre (prêt à découper et découpes) achetés par les ménages français en 2018, était certifié label Rouge ou bio, selon Kantar. Le nombre de ménages acheteurs de découpes de poulet bio a progressé de 1,2 point en 2018 par rapport à 2017, à l'inverse du prêt à découper bio qui perd 0,4 point sur la même période. Avec un chiffre d'affaires de 251 millions d'euros (+22% en 2018-2017), la grande distribution a bien profité du boom des volailles bios. Mais la GMS perd des parts face aux magasins spécialisés dans le bio (9%, +2 pts/2017) et au hard-discount (+4 pts/2017). La vente directe prend aussi de l'ampleur avec 19% des achats en valeur. En restauration collective, la loi Egalim impose 20% de produits bios dans les repas à horizon 2022. Côté exportations, en 2018, elles ont grimpé de 9%, à 10% de la production nationale, alors que les importations ne représentaient que 1% des achats des ménages, d'après l'Agence bio.