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Lettre d'information Agricole du 24 juin 2019

Publié le 25 juin 2019

Hausse des exportations agroalimentaires en avril 

En avril 2019, l'excédent des échanges agroalimentaires français a atteint 905 millions d'euros, en hausse de 349 millions d'euros par rapport à avril 2018 du fait d'une augmentation des exportations (+535 millions d'euros) largement plus importante que celle des importations (+186 millions d'euros), selon une note Agreste du service de statistiques du ministère de l'Agriculture. Avec 621 millions d'euros, l'excédent commercial en produits transformés augmente de 178 millions d'euros par rapport à avril 2018, parallèlement à la croissance des exportations, notamment en vins et spiritueux, mais aussi en produits laitiers (+33 millions d'euros). 

Une période de transition avant la nouvelle Pac 

La mise en oeuvre de la prochaine Pac dans les délais prévus, c'est-à-dire dès 2021, ne sera pas possible. C'est ce qu'indique le dernier rapport de progrès sur cette réforme. Si la France a fait part de son impatience pour que la Commission fixe « des règles pour la période de transition le plus rapidement possible », le commissaire européen à l'Agriculture, Phil Hogan, a répondu qu'il ne voulait pas conclure à ce propos avant l'automne. Trois points sont essentiels selon la France : un echoscheme obligatoire pour tous les États membres, allant au-delà de la conditionnalité, une simplification du nouveau modèle de mise en oeuvre et enfin la nécessité de moderniser les outils de gestion des marchés et des crises. 

Des retards très importants pour les programmes Leader

Si la France se situe dans la moyenne européenne concernant les niveaux de paiement du Feader, fonds dédié au développement rural dans la Pac (52% de fonds payés pour la France contre 45% au niveau de l'Union européenne), il n'en est pas de même concernant l'utilisation des fonds Leader. Dédiés à l'accompagnement de petits projets dans les territoires ruraux, ces fonds sont en effet très peu utilisés pour l'instant. Selon Morgan Larhant, sous-directeur Europe et agriculture à la direction du budget, seulement 18 % de l'enveloppe a fait l'objet d'engagement et 6 % de paiements. Une mission d'information du Sénat doit étudier les causes de cette sous-utilisation. Les conclusions seront rendues en septembre prochain. 

Deux outils pour accompagner les éleveurs souhaitant abattre et commercialiser en circuits courts 

Pour répondre aux demandes des éleveurs qui souhaitent abattre et commercialiser leurs porcs en circuits courts, l'IFIP a conçu deux outils, un abattoir livré clés en mains et un simulateur de projet d'installation de transformation et vente de produits à la ferme. Elaboré pour les groupements d'éleveurs et les circuits courts, Modulab est un abattoir livré clés en main, intégrant toutes les exigences d'hygiène, de respect du bien-être animal et de l'environnement. Ce concept est le fruit d'une collaboration entre l'IFIP et des entreprises : Couédic Madoré à Plémet (Côtes d'Armor) et Builtis à Ploufragan (Côtes d'Armor). Le simulateur « CharcutiSim » permet, quant à lui, de simuler un projet d'atelier de transformation à la ferme en prenant en compte les besoins en investissements, financement et main d'oeuvre. Disponible gratuitement en ligne, il constitue une aide pour l'éleveur dans le cadre d'un projet d'installation ou de développement d'une activité de transformation à la ferme. 

La durée minimale du congé maternité des agricultrices allongée à huit semaines 

Le ministère des solidarités et de la santé a publié au Journal officiel un décret allongeant la durée minimale du congé maternité des agricultrices non salariées de deux à huit semaines. Avec ce décret, comme pour l'ensemble des salariées et indépendantes, la durée minimale d'arrêt de travail ouvrant droit à une indemnisation du congé maternité est portée de deux à huit semaines, avec « un arrêt obligatoire de deux semaines avant la date présumée d'accouchement et de six semaines après ». Cela doit permettre, en favorisant un congé plus long, de préserver la santé des enfants et des agricultrices, qui comme les salariées et indépendantes ont droit à 16 semaines (112 jours) de congé maternité. Le décret précise en outre le montant des indemnités journalières versées « si l'exploitante agricole ne peut se faire remplacer sur l'exploitation », qui sera de 55,51 euros par jour, comme pour les travailleuses indépendantes. Cette mesure s'applique de manière rétroactive aux congés maternité débutés le 1er janvier 2019. 

France : le prix du lait revalorisé de 7% sur un an 

Selon la dernière note de conjoncture de l'Agreste, la collecte de lait de vache a reculé de 1% en avril 2019 par rapport à avril 2018. Le niveau de collecte se voit pénalisé principalement par les conditions météo peu favorables, malgré une revalorisation du prix du lait de l'ordre de 7% sur un an. Le prix du lait standard conventionnel 38/32 g/l (hors bio et AOP/IGP) s'est ainsi établi à 329 c/1.000 litres (+7,3%) et le prix standard tous types de lait confondus à 343 c/1.000 litres (+ 7,2%) Le prix à teneurs réelles a de son côté progressé de 27 c/1.000 litres à 365 c/1.000 litres. Parallèlement, la part de la collecte de lait de vache bio a progressé de 0,3% entre mars et avril 2019 et représente désormais 4,2% de la collecte totale, tandis que la part de la collecte de lait AOP/IGP se monte à 16,3%. Le prix du lait de vache bio standard s'est établi à 408 c/1.000 litres en avril 2019 (+6 c/1.000 litres sur un an) et celui du lait de vache bio à teneurs réelles à 426 c/1.000 litres (12 c/1.000 litres). 

Europe : la totalité des stocks publics de lait écrémé en poudre a été vendue 

Lors de la dernière adjudication, les 162 tonnes de lait écrémé en poudre restantes – sur le total de 380.000 tonnes que comptaient initialement les stocks publics – ont été vendues, épuisant ainsi l'intégralité des stocks achetés et gérés par la Commission européenne. À la suite de la crise du marché des produits laitiers de 2015-2016, qui a frappé les producteurs de l'UE en leur imposant des prix plus bas, la Commission européenne a acheté au total, entre 2015 à 2017, 380.000 tonnes de lait écrémé en poudre, dans le cadre d'une intervention publique visant à stabiliser le marché et à soutenir les revenus des agriculteurs. À partir de la fin 2016, la Commission a ouvert un processus d'adjudication mensuelle, puis bimensuelle, afin de remettre progressivement ces stocks sur le marché sans perturber ce dernier. Deux ans et demi après la première adjudication, les stocks publics sont désormais vides et le prix du lait est passé de 26 c/kg à l'été 2016 à 34 c/kg en mai 2019. 

Perspectives de prix du porc : vers une hausse notable des cours en 2019 

D'après l'analyse des marchés mondiaux de l'Ifip, le prix du porc à la production devrait rebondir cette année dans l'ensemble de l'Europe, par rapport à son niveau de 2018. L'offre européenne se stabiliserait, alors que la demande en provenance des marchés tiers pourrait remonter d'environ 23%. Cette tension entre offre et demande sur le marché européen tirerait le cours du porc en Europe. En France, le prix moyen classe SE s'établirait à 1,58 €/kg en 2019. La hausse serait de 22 centimes, soit 16% en un an. La montée du prix devrait être graduelle au fil des mois, avec une hausse plus marquée au second semestre. En Allemagne, elle serait du même ordre, alors qu'en Espagne le cours du porc devrait progresser de 11,5%. Le Danemark et le Pays-Bas sont plus optimistes avec des hausses allant de 25 à 33% en un an.