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Lettre d'information Agricole du 26 août 2019

Publié le 27 août 2019

En juin, hausse des prix des produits agricoles à la production sur un an 

Selon l'Insee, en juin 2019, les prix agricoles ont poursuivi leur hausse sur un an (+4,1% après +3,8% en mai). Hors fruits et légumes, ils étaient en hausse de 3,8% sur un an et en baisse de 0,6% sur un mois. En juin, les prix des animaux se sont légèrement repliés sur un mois (-0,3% après +0,8% en mai). Les prix porcins sont restés élevés, progressant sur un an de 23,1% après +20% en mai, conséquence de la forte demande à l'exportation de l'Asie du Sud-Est liée à l'épidémie de peste porcine africaine. Les prix des gros bovins étaient stables sur un mois (-0,1%). Les prix des œufs se sont repliés sur un mois (-13,1% après +22% en mai) mais ils sont restés orientés à la hausse sur un an (+10,5% après +18,1%). 

Europe : la canicule limite la production laitière 

La collecte laitière européenne a été pénalisée par les canicules qui ont frappé le continent, notamment le Nord de l'Europe. En juin, la production laitière néerlandaise aurait reculé (-2,7% par rapport à juin 2018), pour le dix-septième mois consécutif, la baisse était de 0,5 en Pologne, selon Bruxelles. En France, en semaine 30, la collecte était 0,1% sous son niveau de l'an dernier, selon FranceAgriMer. En semaine 28, la collecte allemande reculait de 0,9%. À noter, en Allemagne, le lait produit de vache nourrie sans OGM est désormais majoritaire, dépassant de 55% les volumes de conventionnel, selon AMI. De quoi voir les prix moyens progresser?; surtout dans le sud du pays, où la demande est la plus forte. 

Début d'année sous pression pour la filière ovine

Selon Agreste, malgré une consommation peu dynamique, la production française de viande d'agneau est restée stable sur les cinq premiers mois de l'année à 29.962 tonnes équivalent carcasse (téc). En cumul sur les quatre premiers mois de l'année, les achats de viande ovine par les ménages pour leur consommation à domicile ont en effet reculé de 7,2% (chiffres FranceAgriMer - Kantar Worldpanel). Du côté des importations, on note une hausse des importations entre janvier et avril (+5,5% par rapport à 2018) et un prix en baisse (-5% pour les carcasses d'agneaux réfrigérées importées d'Irlande et -17% pour celles importées du Royaume-Uni). Dans ce contexte, une baisse du prix moyen pondéré des agneaux français a été enregistrée sur le premier semestre (-2,6% par rapport au niveau de l'an dernier).

Porcs : disparité entre les gros producteurs 

Selon Eurostat, au 1er trimestre 2019, la production de viande porcine européenne est restée stable par rapport à la même période de l'an dernier à 8,122 millions de tonnes. Dans le même temps, les abattages de porc étaient aussi plutôt stables (-0,4%) et s'établissaient à 86,742 millions de têtes. Cependant, il existe une grande disparité entre les deux principaux producteurs de viande porcine de l'UE. La production allemande était estimée à 1,757 million de tonnes, soit une baisse de 3,4% (-62.000 t) au 1er trimestre, tandis que la production espagnole a grimpé de 3,2%, soit une hausse de 51.000 t pour une production totale de 1,644 million de tonnes. La production française, quant à elle, est estimée à 748.000 tonnes, au 1er trimestre de cette année, (+0,8% soit 6.000 t de plus qu'au 1er trimestre 2018).

Porcs : les exportations tirées par la Chine 

Selon l'Ifip, les exportations françaises de viande porcine ont bondi de 8,1% par rapport à la même période en 2018 pour s'établir à 172.400 t sur les quatre premiers mois de 2019. Cette croissance est portée par les achats chinois, en hausse de 32,6% sur la même période. De janvier à mai 2019, les exportations de lard français ont doublé (54,5%), tandis que celles de viande congelée ont bondi de 26,7% et celles des viandes fraîches ont progressé de 8%. L'UE a bien profité de l'appel d'air chinois. Selon la Commission européenne en cumul de janvier à mai, les envois vers la Chine, qui représentent 44% des exportations de l'UE, ont augmenté de 43,2% à 813.001 t et de 35,9% en valeur à 1,277 milliard d'euros. Le prix moyen des exportations a augmenté de 1,48 euros/kg en mai 2018 à 2,09 euros /kg en mai 2019. 

Volailles : hausse des exportations de volailles bio 

En 2018, les exportations de volailles bio ont atteint 1.315 tonnes, soit une augmentation de 9% par rapport à 2017, selon le Synalaf. Les poulets bio représentent 82% des exportations globales et ont connu une croissance de 9%. Les découpes de volailles bio représentent environ la moitié des exportations, soit 56% et une hausse de 3%. L'entier progresse fortement avec 18% de plus qu'en 2017. La Belgique, avec 421 tonnes importées (+41 % par rapport à 2017) était le principal marché des volailles fermières françaises bio en 2018. Les exportations vers les Pays-Bas ont aussi progressé de 60% pour la même période. 

Volailles : offre peu soutenue en poulets 

Selon Agreste, les mises en place de poussins ont fortement reculé de 20% sur un an en mars 2019 en lien avec un recul marqué des éclosions (-16,6%). Les abattages ont baissé de 4,3% sur le 1er trimestre 2019-2018 pour s'établir à 356.200 téc. La production de poulets de chair, chapons, coqs et poules de réforme a reculé de 4,6% sur un an pour la même période. Mais les abattages de 2018 ayant été très soutenus, ceux du 1er trimestre 2019 restent au-dessus de la moyenne quinquennale. En cumul sur le premier trimestre 2019, les achats de viande de poulet sont en repli de 2,3% plombés par un manque d'intérêt pour le poulet PAC Label Rouge (-11,5%) et standard (-9,6%), tandis que les découpes progressent de 1,4% selon Kantar Worldpanel. 

Poulet : menace brésilienne 

Selon Itavi, au premier trimestre 2019, les exportations de poulet ont reculé de 13,2% en volume et de 5,8% en valeur par rapport au premier trimestre 2018 alors que sur la même période, les importations ont progressé de 6,2% en volume et de 7,6% en valeur. La filière de poulet de chair française redoute l'arrivée des volailles brésiliennes sur son marché, conséquence de la ratification de l'accord de libre-échange avec le Mercosur le 28 juin dernier. Un contingent supplémentaire de 180.000 tonnes de volailles à droit nul (50% désossée, 50% avec os) est prévu. Le Brésil, qui représente 30% des exportations mondiales et bénéficie déjà de 443.200 tonnes de viande de volailles, soit 50% des contingents européens, sera le principal bénéficiaire de cet accord. Grâce aux volumes supplémentaires accordés le Brésil pourra exporter 600.000 téc de poulets à droits réduits vers l'UE, essentiellement du filet. La concurrence sera de mise sur le marché intérieur, face à un poulet brésilien ayant une compétitivité prix 30% supérieure aux poulets français.