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Lettre d'information Agricole du 27 janvier 2020

Publié le 27 janvier 2020

France : « 1 milliard d'euros doivent revenir aux agriculteurs » 

Dans la mesure où les outils mis en place par la loi sur l'alimentation sont censés rééquilibrer les relations entre la grande distribution, les industriels et les agriculteurs, Patrick Bénézit (FNSEA) estime qu'un milliard d'euros devraient revenir aux agriculteurs. Ce chiffre correspond à la marge supplémentaire de 600 millions d'euros dégagée par les distributeurs faisant suite au relèvement du seuil de revente à perte, majorée par une meilleure prise en compte des coûts de production dans les prix. Pour Patrick Bénézit, les enseignes doivent jouer le jeu sur l'ensemble des volumes et des productions, et pas seulement sur une partie restreinte des volumes achetés. 

France : le modèle agricole est « arrivé à bout de souffle » 

Le « modèle agricole » en France est « arrivé à bout de souffle », estime la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne, estimant qu'il faut « produire autrement ». « Produire autrement c'est aussi changer de modèle agricole et ce n'est pas céder à un quelconque « bashing » que de le dire », a ajouté la ministre lors de ses voeux à la presse, évoquant les transformations nécessaires « face au défi écologique et climatique ». « Un autre modèle est possible, les faits sont là. De plus en plus d'agriculteurs le revendiquent et s'engagent sur cette autre voie avec moins d'intrants, plus de qualité, une proximité retrouvée avec les consommateurs et des revenus au rendez-vous », a-t-elle développé. 

Baisse des importations alimentaires en novembre 2019

L'excédent commercial agroalimentaire français a atteint 776 millions d'euros en novembre 2019, soit une hausse de 56 millions d'euros par rapport à novembre 2018. Le solde des produits agricoles bruts reste excédentaire pour le troisième mois consécutif à 65 millions d'euros, diminuant cependant de 16 millions d'euros sur un an, parallèlement à la croissance des importations de fruits. Avec 711 millions d'euros, l'excédent commercial en produits transformés augmente de 72 millions d'euros sur un an sous l'effet de la baisse sensible des importations, notamment en huiles, tourteaux et corps gras mais aussi en vins et spiritueux. Enfin, Agreste souligne la hausse des exportations de viande porcine, portées par les achats chinois, de produits laitiers à travers les poudres de lait et d'aliments pour animaux. 

France : les points forts de la filière lait 

Parmi les points forts de la filière tricolore figure son rayonnement international. La France compte, avec le Danemark, le plus grand nombre d'implantations industrielles à l'étranger. Entre 1988 et 2018, les exportations françaises de produits laitiers ont bondi de 128%. Les Français aussi les soutiennent, en consommant le plus fort volume de lait au monde – 579 litres par an et par habitant – devant les Danois et les Allemands. Si la filière a trouvé un meilleur équilibre qu'ailleurs, avec notamment un niveau de cession "accessible", tous les indicateurs ne sont pas au vert. La filière est principalement pénalisée par le coût du travail élevé et par l'impact des fortes chaleurs estivales (seulement 700 millimètres de précipitations par an en moyenne entre 2013 et 2018). Elle devra, à l'avenir, renforcer ses efforts d'adaptation et de lutte contre le réchauffement. 

France : les producteurs de lait de chèvre réclament un prix à 790 euros/1000 l 

« La filière caprine ne peut pas être oubliée une deuxième fois des EGA », alerte la Fédération nationale des éleveurs de chèvres (Fnec). Alors que la filière n'a pas bénéficié d'une revalorisation du prix du lait de chèvre lors des négociations 2019, la fédération appelle les distributeurs à accepter rapidement des hausses de tarifs « pour permettre de reconquérir les volumes et de donner des perspectives durables aux producteurs ». « Seul un prix à 790 euros / 1000 l permet une rémunération du travail juste et une prise en compte du surcoût de production des 2 dernières années », affirme la Fnec qui pointe la hausse de l'Ipampa de 3,7% en un an et les deux sécheresses consécutives auxquelles les producteurs ont dû faire face. 

Viande bovine : exportations mondiales en hausse en 2019 

Selon l'Agriculture and Horticulture Development Board (AHDB), sur les onze premiers mois de l'année 2019, les exportations de viande bovine par les cinq principaux pays exportateurs ont atteint 4,4 millions de tonnes, soit une hausse de 12,8 % par rapport à la même période en 2018. En valeur, les exportations de viande bovine de ces cinq pays pourraient atteindre 26 milliards de dollars sur l'année 2019 car outre la hausse des volumes, le prix mondial à l'exportation a lui aussi augmenté, à environ 5.400 dollars/tonne. La situation n'est cependant pas la même d'une région à l'autre. Alors que le prix moyen à l'importation a augmenté de 6 % en Chine, il a reculé d'autant en proportion pour l'Union Européenne dont les volumes importés en cumul sur l'année ont légèrement diminué. En France en revanche, les importations de viande bovine ont progressé de 1,5 % sur les 11 premiers mois de 2019 par rapport à 2018 selon Agreste. Dans le même temps, les exportations ont enregistré une baisse de 6 % en volume, accentuant ainsi le déficit du commerce extérieur de viande bovine de la France qui s'établissait à 103.749 téc entre janvier et novembre 2019, soit 20,7 % de plus qu'en 2018. 

Porc : repli en France, stabilité en Europe 

Le cours du porc à Plérin continue de pâtir des mouvements sociaux. À 1,455, le prix moyen du porc a perdu 0,059 euro la semaine du 20 janvier selon le MPB. L'offre demeure large tandis que les besoins d'approvisionnement des abattoirs restent limités (3.000 porcs invendus en semaine 4). L'activité d'abattage avoisine les 385.000 porcs et le poids moyen fléchit légèrement de 120 g pour s'établir à 96,9 kg. Les grèves dans les ports nuisent au commerce extérieur, creusant ainsi l'écart entre la cotation française et les autres références européennes. En effet, le cours allemand et celui des Pays-Bas se stabilisent dans un contexte d'offre en équilibre avec la demande. 

La MSA appelle à voter pour élire les délégués cantonaux 

Du 20 janvier au 31 janvier, 2,5 millions de ressortissants du monde agricole sont appelés à élire pour cinq ans 15.000 délégués cantonaux de la MSA dans toute la France, dans trois collèges d'électeurs (exploitants, salariés, employeurs). «Les délégués qui vont être élus s'engagent bénévolement à mener un certain nombre d'actions sur les territoires ruraux à la fois dans le domaine de l'agriculture, mais aussi pour l'ensemble de la population rurale. Dans ces moments difficiles de la ruralité, c'est un enjeu important», a indiqué le président de la MSA, Pascal Cormery. En 2015, 31% de ses adhérents ont participé au vote, contre 38,8% en 2010. Les délégués portent des projets sur les territoires, au bénéfice direct de leurs habitants, comme l'accès aux soins, le soutien à l'emploi, la sécurité au travail, la prévention de l'isolement, ou la lutte contre les addictions, détaille la MSA. Une trentaine de maisons France Services (MFS) vont être labellisées au titre de la MSA, au bénéfice de tous les habitants du monde rural, et pas seulement les agriculteurs.