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Lettre d'information Agricole du 28 octobre 2019

Publié le 28 octobre 2019

Alimentation mondiale : la stratégie française 

Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères a mis en ligne son rapport « Stratégie internationale de la France pour la sécurité alimentaire, la nutrition et l'agriculture durable », couvrant la période 2019-2024. Entre autres axes stratégiques, y figure l'appui français à la structuration des filières agroalimentaires durables. La France se propose de favoriser l'organisation coopérative, « afin de structurer des relations équilibrées avec les industries de transformation et/ou de se munir d'outils de transformation propres », de soutenir la structuration d'instances interprofessionnelles, et d'appuyer les démarches de contractualisation entre agriculteurs familiaux, entreprises de transformation et opérateurs financiers. 

Le gouvernement renonce à baisser le budget des chambres d'agriculture 

Suite au mécontentement de nombreux élus lié la baisse annoncée du budget des chambres d'agriculture, le gouvernement a annoncé le 21 octobre qu'il allait proposer la suppression des dispositions relatives aux chambres d'agriculture dans l'article 27 du projet de loi de finances. Si la mesure gouvernementale entendait dégager du pouvoir d'achat pour les agriculteurs, près de 200 élus s'y sont opposés. Selon eux, cette mesure priverait davantage les agriculteurs des services dont ils ont besoin qu'elle n'aurait d'effets. 

France Stratégie préconise un bonus-malus environnemental pour les agriculteurs

France Stratégie préconise de revoir la politique agricole commune (Pac) en assurant un paiement minimal pour tous les agriculteurs, déconnecté de la production et de la surface, avec la mise en place d'un bonus-malus environnemental pour les inciter à de meilleures pratiques. D'un côté, la diversification des productions et le maintien de prairies permanentes seraient rémunérés, et de l'autre, les pesticides et les émissions de gaz à effet de serre seraient taxés. Selon Gilles de Margerie, commissaire général de France Stratégie, « il est possible de faire évoluer notre modèle agricole avec des approches favorables à l'environnement et au revenu agricole ». 

Europe : les aides au secteur lait étudiées à la loupe 

La Cour des comptes européenne lance un audit sur les mesures exceptionnelles prises par l'UE en réaction aux perturbations qui ont touché le marché des produits laitiers entre 2014 et 2017. Les auditeurs vont évaluer si ces mesures, qui ont coûté quelque 740 millions d'euros au budget de l'UE, « ont été correctement conçues et ont permis d'atténuer de manière adéquate les effets des perturbations », indique la Cour des comptes européenne. Ils vérifieront aussi si « la Commission européenne et les États membres sont désormais mieux armés pour gérer les perturbations susceptibles d'affecter le marché des produits laitiers à l'avenir ». Ils effectueront des visites d'audit en France, en Italie, en Irlande et en Finlande. Le rapport d'audit sera publié fin 2020. 

Évaluation de l'impact de l'étiquetage de l'origine du lait et des viandes utilisés comme ingrédients 

Le Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation a publié un rapport d'évaluation de l'application du décret n°2016-1137 relatif à l'indication de l'origine du lait et des viandes utilisés en tant qu'ingrédients. Ce rapport présente les principaux enseignements de l'évaluation, réalisée entre janvier 2017 et décembre 2018, de l'expérimentation de l'étiquetage obligatoire de l'origine du lait et des viandes utilisés comme ingrédients dans les produits transformés. Les conclusions indiquent notamment que le décret n'a pas eu d'impact sur le prix de vente au détail ou le pouvoir d'achat des consommateurs. L'indication d'origine répond quant à elle à une demande réelle des consommateurs et améliore la transparence vis-à-vis des consommateurs.

Prix du porc : l'industrie européenne tire le signal d'alarme 

Réunie au sein de Clitravi, l'industrie européenne de la viande a tiré le signal d'alarme « face à la forte augmentation du prix de la viande de porc en Europe, la matière première la plus importante pour l'industrie de la viande en Europe », rapporte Culture Viande dans sa dernière lettre d'information. Dans un communiqué, le Clitravi alerte sur « cette situation qui aura des répercussions sur d'autres secteurs de l'industrie de la viande » et appelle les autorités nationales et européennes à explorer tous les outils juridiques permettant de faire face à cette situation. 

Union européenne : les exportations de viande porcine s'envolent 

Selon les dernières statistiques d'Eurostat, le MPB estime à 359.541 tonnes, le volume de viande porcine vendu hors des frontières de l'Union européenne en août 2019, soit 38.000 tonnes de plus qu'en août 2018. « Sans surprise, la Chine, 1er importateur des produits porcins européens dont le cheptel s'est effondré de 41% en un an, s'est accaparé plus de 50% du volume, soit 180.012 tonnes, en hausse de 71% par rapport à août 2018 », détaille le MPB. Cette progression des volumes vendus à la Chine se fait au détriment des autres clients de l'Union européenne, dont les achats ont tous reculé sur le mois d'août. Les envois vers le Japon, 2ème client de l'Europe, progressent eux aussi : de 21.380 tonnes pour atteindre 327.771 tonnes (+ 7%). En revanche, les échanges avec la Corée du Sud reculent de 27.940 tonnes, ceux avec les États-Unis de 21.700 tonnes, ceux avec Hong Kong de 21.120 tonnes et ceux avec les Philippines de 12.840 tonnes. 

Volailles : « Nos plans de filière sont malmenés » 

Lors de l'assemblée générale de la Confédération française de l'aviculture (CFA), Jean-Michel Schaeffer, son président, a indiqué : « l'augmentation de la consommation de viande de volailles en France profite en premier lieu à la restauration hors domicile, donc aux viandes importées ». « Mais comment concurrencer les viandes importées, dont les coûts de production sont bien plus faibles, comme au Brésil et en Ukraine ? Et comment répercuter le poids des investissements en élevage aux consommateurs ? », s'interroge le président de la CFA. Car le constat est amer. « Depuis 2012, la plus forte augmentation de la consommation de viande de volaille concerne le poulet standard, dont la moitié est importée », rapporte François Cadudal, économiste à l'Institut technique de l'aviculture (Itavi). Alors que les ministères de l'Agriculture et de la Transition écologique ont annoncé le 15 octobre 2019 un projet de décret rendant obligatoire l'étiquetage de l'origine de la viande servie dans la restauration hors foyer (restaurants, cantines), Jean-Michel Schaeffer estime que cette démarche doit s'appliquer à « tous les produits alimentaires, de la distribution à la restauration. »