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Lettre d'information Agricole du 4 novembre 2019

Publié le 04 novembre 2019

L'Assemblée nationale vote le budget agriculture pour 2020 

L'Assemblée nationale a adopté le 28 octobre le projet de budget du Ministère de l'Agriculture pour 2020. En hausse par rapport à 2019, à 4,8 milliards d'euros, le budget 2020 prévoit notamment un renforcement de la prévention des risques sanitaires et le maintien d'une réserve pour faire face à d'éventuelles crises. 

Les parlementaires dénoncent un « dialogue de sourds » avec Bruxelles sur la Pac 

Les députés ont dénoncé un « dialogue de sourds » avec la Commission européenne au sujet de l'agriculture, en appelant à « sanctuariser » les moyens alloués à la politique agricole commune post-2021, dans un communiqué diffusé par trois commissions parlementaires. « Malgré les oppositions continuellement exprimées, la Commission européenne n'a pas modifié d'un iota son projet depuis juin 2018 », affirme le député La République en Marche (LREM) Jean-Baptiste Moreau. Les parlementaires appellent la Commission européenne à « modifier sa programmation budgétaire pour la période 2021-2027, pour sanctuariser les moyens alloués à la politique agricole commune ». 

Les agriculteurs convertis au bio craignent pour leurs marges

Depuis dix ans, les conversions des exploitants en bio ont, globalement, été une réussite. Selon une étude de FranceAgriMer et de l'Agence Bio, les éleveurs laitiers bio vendent leur production 450 euros les mille litres, soit 40 % de plus que le lait non bio. Et ce malgré le bond de 53 % de la collecte de lait bio entre 2015 et 2018. En dépit de cette dynamique, tous les éleveurs savent que l'équilibre reste fragile. Début 2019, lors de l'apparition de prix cassés sur la brique de lait bio, les industriels du lait (Fnil) et les producteurs avaient ainsi exprimé leur courroux sur ces pratiques. Début octobre, FranceAgriMer soulignait par ailleurs la nécessité de relever «le défi pour la filière lait de maintenir un équilibre entre offre et demande» pour éviter une chute des prix. Pour cela, elle suggérait une pause dans les recrutements d'éleveurs laitiers bio. Le développement des contrats longs entre les agriculteurs et l'aval est enfin préconisé pour éviter les situations de tensions sur un segment qui attire du monde. 

Europe : les OP renforcent la position des agriculteurs dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire 

En renforçant leurs positions et en fournissant une assistance technique aux agriculteurs, les organisations de producteurs (OP) et les associations d'organisations de producteurs (AOP) leur offrent des avantages, indique une étude de la Commission européenne. Ces organisations permettent en effet d'assurer une plus grande pénétration sur le marché et un plus grand pouvoir de négociation avec les autres acteurs de la chaîne alimentaire. Elles peuvent en outre contribuer à atténuer les risques et les coûts économiques grâce à une sécurité de paiement et un partage d'investissement, précise l'étude. L'Union européenne compte environ 42 000 organisations de producteurs, mais seulement 3 500 sont reconnues par leur État membre. En demandant leur reconnaissance dans le pays où elles sont basées, les OP pourront constituer des fonds opérationnels destinés à financer des programmes opérationnels. Ils peuvent être subventionnés à 50 % par l'Union européenne. 

Viande bovine : un commerce qui reste décevant 

Selon les données de Kantar rapportées par FranceAgriMer, les achats des ménages en viande de boeuf pour leur consommation à domicile ont progressé de 1,1 % sur les huit premiers mois de l'année, malgré une hausse de 2,1 % du prix moyen d'achat. Si les achats en grande surface ou en boucherie traditionnelle sont en très grande partie constitués de viande française, la filière viande doit lutter face aux importations sur les segments des plats préparés et de la restauration hors domicile. Les importations françaises de viande bovine ont ainsi progressé de 3,5 % sur les sept premiers mois de l'année, à 200.373 téc, selon FranceAgriMer. L'Irlande a notamment fortement développé ses envois (+14,8 %), d'une part, du fait de la hausse de ses disponibilités, mais aussi afin de chercher des débouchés autres que britanniques à la veille du Brexit. Dans le même temps, les opérateurs constatent des difficultés sur le marché export, que confirment les chiffres des douanes, indiquant une baisse de 6,2 % à 129.119 téc. 

Porc : des cours fermes, inédits à cette période 

Porté par une demande dynamique sur le marché intérieur en lien avec la rentrée et des exportations soutenues vers la Chine, le cours du porc est resté ferme de septembre à octobre. Ce n'est qu'à la mi-octobre que la référence française a légèrement reculée de 0,6 centime pour s'établir à 1,695 euro en semaine 42, en raison des jours fériés à venir et de la demande intérieure bien plus calme. Par ailleurs, l'offre s'est étoffée avec des poids moyens supérieurs à ceux de 2018. Le cours demeure néanmoins à un niveau jamais atteint, dépassant même les records historiques de 2012 (+7,5 %) et 2013 (+16,4 %). Partout en Europe, les cours échappent à la traditionnelle baisse de fin d'été, bénéficiant de l'appel d'air chinois. Dans le détail, 64 % des importations chinoises proviennent des pays de l'Union européenne. L'Espagne et l'Allemagne sont à la tête du peloton, suivies par le Danemark, très orienté à l'export et dont la cotation continue de progresser même en octobre. La France se positionne quant à elle à la cinquième place, avec un bond des envois de 38,3 % de janvier à juillet, selon l'Ifip. 

Abattage porcin : fronde contre l'étourdissement au CO2 

Eurogroup for Animals, qui regroupe 69 organisations à l'échelle européenne - y compris des associations abolitionnistes comme L214 -, appelle la Commission européenne à « réviser le règlement sur l'abattage afin d'interdire l'utilisation du CO2 à partir du 1er janvier 2025, avec une révision en 2023 pour vérifier la disponibilité commerciale d'alternatives non aversives viables. » Pour Eurogroup for Animals, « la majorité des gros abattoirs de porcs en Europe ont recours à l'étourdissement au CO2. Cette méthode leur permet notamment d'accélérer les cadences en abattoir et d'obtenir une qualité de viande plus uniforme ». Selon le rapport parlementaire sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie en France publié en septembre 2016, six établissements français sur 157 utilisent cette méthode, soit 15 à 18% de la production porcine nationale. Cette proportion atteint 43% aux Pays-Bas, 85% en Espagne et en Allemagne, 86% au Royaume-Uni et 95% au Danemark. 

La fin du broyage des poussins confirmée 

L'élimination des poussins mâles par broyage dans les élevages industriels devrait être interdite à la fin 2021, a confirmé Didier Guillaume. « Nous avons annoncé la semaine dernière avec ma collègue, ministre de l'Agriculture allemande, qu'on allait arrêter le broyage des poussins qui aujourd'hui n'est plus supportable. On a dit fin d'année 2021. Si on le fait tout de suite, qu'est ce qui se passe ? Il n'y a plus d'oeufs » a déclaré le ministre au micro de France Inter, en réponse à une question sur la pression des associations pour obtenir des mesures immédiates sur le bien-être animal.