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Lettre d'information Agricole du 6 janvier 2020

Publié le 06 janvier 2020

Accord avec le Mercosur : La compatibilité avec une Pac plus verte fait débat 

Le 18 décembre, les députés européens ont examiné la compatibilité de l'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur avec le Green Deal, nouvel accord européen qui ambitionne une future politique communautaire plus verte et de faire de l'Europe le premier continent à être climatiquement neutre. Si le Conseil et la Commission européenne, ainsi que plusieurs députés, sont convaincus que l'accord contribue aux objectifs du Green Deal, d'autres, dont l'eurodéputé écologiste français Yannick Jadot, sont plus sceptiques. La signature formelle du texte par l'Union européenne et le Mercosur n'est pas attendue avant fin 2020. Il faudra encore convaincre certains États membres récalcitrants, comme la France, dont le gouvernement a affirmé qu'il ne signerait pas cet accord. 

Stabilité de l'excédent commercial agroalimentaire en octobre 

Selon le ministère de l'Agriculture, l'excédent commercial agroalimentaire français est resté stable à 938 millions d'euros en octobre. En octobre 2019, l'excédent commercial ne perd que 3 millions d'euros par rapport à octobre 2018, conséquence d'une hausse des importations de 3% (à 146 millions d'euros), légèrement supérieure à celle des exportations qui augmentent de 2% à 143 millions d'euros, selon l'Agreste. Le solde des produits agricoles bruts reste excédentaire à 96 millions d'euros, en progression de 7 millions d'euros sur un an, parallèlement à la croissance des exportations de céréales. Avec 842 millions d'euros, l'excédent commercial en produits transformés diminue de 10 millions d'euros par rapport à octobre 2018 sous l'effet de la hausse des importations, notamment en vins et spiritueux, et malgré la progression des exportations de viande et de produits laitiers. 

Insee : la valeur de la production agricole chute de 2% en 2019

Selon l'Insee, la production agricole a perdu 2% de sa valeur en 2019. En cause, le vin, dont la récolte enregistre une forte chute (-13,7%) en raison des conditions climatiques, tandis que les prix ont été stables en raison de réserves substantielles. La très bonne récolte céréalière (+13,6%) n'a pas redressé l'ensemble car les prix étaient bas dans le monde. Au total, l'Insee observe une chute de la production végétale en volume de près de 5%. Et une perte de valeur de -2,8% essentiellement à cause des prix très bas du blé tendre. Pour une fois, les meilleurs résultats viennent de la production animale et plus spécifiquement du secteur du porc. Il a vu sa valorisation grimper en flèche (+18%) sous l'effet de l'extraordinaire demande chinoise. Au global, les productions animales gagnent 3,3% en valeur, hors subventions, mais cela ne reflète que la situation exceptionnelle du porc. Les prix des bovins sont stables. Celui des veaux baisse (-8 %), tandis que la volaille est repartie à la hausse (+3,5%). Après prise en compte des subventions (7,9 milliards d'euros), la valeur de la production agricole en 2019 ressort en baisse de près -5%. 

Monde : la production mondiale de lait devrait augmenter l'année prochaine 

La production mondiale de lait devrait augmenter l'année prochaine selon les prévisions les plus récentes des cinq plus grandes régions productrices. La croissance, estimée à environ 1%, porterait la production mondiale de lait à 292,5 milliards de litres, selon l'AHDB du Royaume-Uni. C'est 2,9 milliards de litres de plus que le chiffre estimé pour la production de 2019. L'estimation tient compte de la réduction attendue de la croissance de la production laitière pour l'Australie. Un récent rapport de l'USDA estime que la production australienne pour l'année 2020 sera inférieure à celle prévue en septembre par le gouvernement australien. Les défis continus de la sécheresse, des incendies et des coûts élevés de l'eau et des aliments entravent toute reprise en Australie. Les prévisions de production pour la Nouvelle-Zélande sont inchangées car il est peu probable que le pays dépasse le record de production des dernières saisons. La demande mondiale accrue de produits laitiers devrait se poursuivre, les prévisions de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) s'établissant à 2,1% par an pour les produits frais et à 1,5% par an pour les produits transformés. Les prix mondiaux des produits laitiers devraient rester assez fermes pour le premier semestre 2020, car l'augmentation de la production est relativement faible. 

La contractualisation rendue obligatoire pour les viandes de boeuf label Rouge 

L'accord interprofessionnel rendant la contractualisation obligatoire pour toute transaction commerciale de la filière label Rouge gros bovins de boucherie a été étendu le 20 décembre par les pouvoirs publics par la publication d'un arrêté au Journal Officiel. « La contractualisation obligatoire implique désormais un engagement de tous les maillons de la filière, de l'éleveur de bovins labellisés au distributeur de viandes de boeuf label Rouge », a précisé Interbev. 

Porc : les exportations françaises bondissent 

À la faveur d'une demande chinoise soutenue, les exportations françaises de viande porcine ont progressé de 9% en volume et de 17% en valeur de janvier à septembre 2019 par rapport à 2018. L'Agreste indique que les ventes françaises de viande porcine en Chine ont atteint un niveau record de 20,9 millions d'euros en septembre 2019, contre 17,1 millions d'euros lors du pic de la demande chinoise en juin 2016. Les exportations sont « supérieures de 20% au niveau faible de 2018, tirées par l'Asie, essentiellement par la Chine, la hausse des volumes restant mesurée vers le Japon, les Philippines, Hong Kong et Taïwan. » Le commerce est également porteur vers les pays de l'Union européenne, avec une hausse de 2 450 tonnes-équivalent carcasse (tec) par rapport à septembre 2018, dont la moitié vers les Pays-Bas. Si la consommation apparente de viande porcine recule de 2,8% en cumul de janvier à septembre sur le marché intérieur français, cette tendance est « contrebalancée par la dynamique à l'exportation », estime Agreste. En octobre 2019, les abattages progressent de 2,5% en volume et de 1,3% en têtes sur un an. « Le poids moyen des carcasses est en hausse de 1,2 kg par rapport à la moyenne quinquennale et de 900 g par rapport à octobre 2018. » S'agissant du prix du porc, « son niveau élevé reste inédit pour la saison ». En octobre 2019, il a atteint 1,86 euro/kg entrée abattoirs, soit 44 centimes au-dessus de la moyenne quinquennale. 

Prix du porc : « la situation française pose toujours problème » 

Selon les estimations de la Fédération nationale porcine (FNP), le prix du porc français « reste en queue de peloton européen » malgré une conjoncture favorable. « Le prix français est en retrait de 15 centimes par kilo de carcasse par rapport aux autres bassins européens ». Alors que les prix du porc ont augmenté de 40% sur le marché européen du fait de la fièvre porcine africaine, la FNP soupçonne les abatteurs de capter la valeur ajoutée « au détriment des éleveurs ». En effet, la cotation française ne décolle pas tandis que « dans le même temps, le prix des pièces françaises sortie abattoir a fortement augmenté au cours des dernières semaines ». Le syndicat exige « un changement radical de comportement » de leur part, assurant que « les éleveurs ne laisseront pas cette confiscation par l'aval des bénéfices de la conjoncture mondiale s'installer à leurs dépens ». 

La filière avicole confortée 

La Région Bretagne a validé son soutien à la modernisation des bâtiments d'élevage avicole. Pour pouvoir accéder à la subvention plafonnée à 50.000 euros et jusqu'à 70.000 euros dans le cas d'une installation en tant que jeune agriculteur, il faut respecter un cahier des charges précis sur l'impact environnemental et le bien-être animal. L'enveloppe est destinée à la construction d'un poulailler de 2.000 m² maximum sur une exploitation dont la surface totale ne peut dépasser 5.000 m² après réalisation du projet ou sur plusieurs petits bâtiments pour l'élevage label et biologique avec parcours extérieur. L'objectif est de répondre à la demande des industriels qui ont besoin de matière première d'origine française.