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Lettre d'information Agricole du 8 juillet 2019

Publié le 08 juillet 2019

La France approuve l'accord UE/Canada 

Le gouvernement français a approuvé le 3 juillet l'accord de libre-échange entre l'UE et le Canada (Ceta). Le texte devra désormais être ratifié par l'Assemblée nationale, lors de son examen le 17 juillet prochain. À noter que l'accord UE/Canada, entré en vigueur à près de 95% en septembre 2017, a d'ores et déjà entraîné une hausse de 6,6% des exportations françaises entre 2017 et 2018. Le Ceta prévoit la suppression des droits de douanes sur 98% des produits échangés entre les deux zones et garantit notamment la reconnaissance de 143 produits AOP au Canada. 

Les perspectives laitières restent encore favorables 

Selon la dernière note de conjoncture laitière du Cniel, « les perspectives sur les prochains mois semblent plutôt favorables ». La baisse de la collecte chez les principaux concurrents de l'Europe laitière devrait continuer à « dynamiser les exportations européennes et orienter à la hausse le prix des produits laitiers industriels ». Le contexte d'offre et de demande apparaît actuellement plus favorable qu'en 2017 et 2018, et ce malgré, « les incertitudes liées au Brexit qui noircissent, certes, un peu ce tableau d'ensemble ». Le meilleur équilibre du marché permettrait la hausse des prix des produits industriels au cours des prochains mois, toujours selon la note de juillet de Benoît Rouyer, chef économiste au Cniel. 

France : reprise de la collecte laitière

Selon FranceAgriMer, la collecte laitière française est repassée au-dessus des niveaux de 2018 au début de juin, après dix longs mois d'un recul marqué. Alors que le recul de la collecte était encore de l'ordre de 2 % sur les quatre premiers mois de l'année, malgré un bref pic des livraisons au début d'avril, le mois de juin vient inverser la tendance. Ce regain d'énergie s'observe également à l'échelle européenne depuis le mois de mars. « La moindre disponibilité laitière en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis devrait bénéficier aux exportations européennes et soutenir le prix des produits industriels », analyse Benoît Rouyer, directeur de l'économie et des territoires au sein de l'interprofession laitière (Cniel). L'enquête mensuelle laitière de FranceAgriMer révèle que les éleveurs français en système dits « conventionnel » ont en moyenne touché 329 euros /1 000 litres, prix de base, en avril 2019. « C'est 22 euros/1 000 litres au-dessus des niveaux de l'an passé », précise Benoît Rouyer. 

Pas d'accord UE-Mercosur sur le boeuf sans garantie sur la traçabilité 

L'accord commercial UE-Mercosur sur la viande bovine ne sera pas ratifié par la France s'il n'y a pas de certitude sur la traçabilité des viandes, sur le bien-être animal et sur l'usage d'antibiotiques, a affirmé le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume devant l'Assemblée nationale. Des exigences que la fédération des éleveurs bovins juge d'ores et déjà impossibles à mettre en place. Pour rappel, l'accord de libéralisation commerciale a été négocié entre l'UE et les quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay). 

Les achats de viande par les ménages en repli (-3%) depuis le début de l'année 

Les résultats du panel Kantar WorldPanel sur le mois d'avril confirment le repli des achats de viandes de boucherie par les ménages depuis le début de l'année : -2.9% en volume et -1,3% en valeur. Les viandes élaborées sont toujours en recul, notamment la saucisserie (-8,7%). En revanche, la consommation des viandes de boeuf est stable : la viande hachée affiche une stabilité mais recouvre des évolutions diverses, une baisse du pur boeuf (-3,5%), une hausse des consommations des préparations (+13,2%). Les achats de viande hachée surgelée continuent leur forte baisse (-7%). La consommation de viande de porc, quant à elle, continue de se dégrader en volume (-8,4%). 

La production porcine progresse en 2018 

D'après la note Agreste de juin 2019, la production porcine de 2018 a amorcé une légère reprise après la baisse de 2017. En effet, elle progresse de 0,6% en tec et de 0,8% en tête par rapport à 2017. Au niveau mondial la progression est plus importante : 120 millions de tonnes, en augmentation de 1,8% entre 2017 et 2018, et de 12% depuis 2010, selon les estimations provisoires de la FAO. Dans cette période, au sein de l'Union européenne (UE), les abattages de porcins ont augmenté de 2% après avoir fléchi de 1% en 2017. En 2018, la balance commerciale française redevient déficitaire en volume et en valeur, elle était à l'équilibre en 2017. Au 1er trimestre 2019, les abattages de porcins français ont progressé de 1,2% en têtes et de 1,9% en tec par rapport au même trimestre de 2018. Les exportations vers la Chine ont été particulièrement dynamiques puisqu'elles ont augmenté de 50%. 

La filière dinde repart à la conquête des acheteurs 

Selon l'Agreste, les abattages de dindes ont reculé de 8,1% en valeur et de 7,2% en volume sur les quatre premiers mois de l'année. Le ralentissement de l'activité déjà ressenti en 2018 semble s'amplifier en 2019, comme l'indique la baisse des mises en place de dindonneaux au premier trimestre (-8,7%). Cette baisse de l'offre serait liée principalement au manque de dynamisme de la consommation française. D'après FranceAgriMer-Kantar Worldpanel, les achats des ménages pour leur consommation à domicile ont reculé de 23,6% pour le rôti de dinde, de -2,6% pour l'escalope de dinde nature et de -5,7% pour la cuisse de dinde nature, en cumul du 1er janvier au 31 mars 2019 par rapport à la même période, un an plus tôt. Le principal souci reste donc la consommation qui est freinée par la concurrence de la part d'autres viandes, la mauvaise valorisation du produit et la méconnaissance des consommateurs sur sa valeur nutritionnelle et gustative. 

Accord UE-Mercosur : la filière volaille se sent « trahie » 

« La commission européenne vient de conclure un accord commercial avec le Mercosur : 180.000 tonnes de volailles supplémentaires pourront progressivement être importées de ce continent vers l'Europe », s'alarme Anvol, l'interprofession volaille de chair à l'issue de la signature de l'accord entre l'UE et le Mercosur. « Cet accord commercial annihile tous nos efforts. La filière se sent trahie », écrit l'interprofession dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, évoquant le plan filière, rédigé à la demande du chef de l'Etat et prévoyant 1,7 milliards d'euros d'investissement sur cinq ans pour relever le défi de la reconquête du marché français. Selon Anvol, ce quota accordé au Mercosur représente l'équivalent de 4.500 emplois directs en France dont 1.500 éleveurs.